Alors que le premier édile venait de présenter, toujours ce 14 décembre, « une convention de bonne qualité » concernant l'espace scientifique Mendès France de Poitiers (voir chronique précédente), Alain Claeys se tourna vers son très vigilant conseiller Patrick Coronas qui voulait intervenir, en ironisant sur la caricature qu'il aime, en toute amitié, à présenter de son conseiller, « Des guillemets ? »
Patrick Coronas, « C'est une question sur les charges... »
Alain Claeys, « L'Espace [Mendes France] fait un travail formidable ! »
Anne Gérard, « Pour le confort moderne, c'est une avance sur convention. [...] Nous faisons un travail de refonte sur les tarifs de musées : il s'agit de dynamiser le musée et les expositions, après les périodes d'inventaires. [...] C'est un travail important de muséographie. »

Le Troll des Dunes scrutant Poitiers, surpris en décembre 2009...
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Alain Claeys, « On va passer à la délibération 45, car Aurélien Tricot a une réunion importante avec le stade Poitevin-Rugby. » Le président député-maire lut une lettre destinée au commissaire aux comptes, avant de l'envoyer. Alain Claeys y exposait la mauvaise gestion du stade Poitevin-Rugby. Des surévaluations, des créances douteuses antérieures et non provisionnées... Les défaillances étaient légions. En conclusion de l'audit, selon Alain Claeys, « la ville de Poitiers fut induite en erreur. » En clair, des bilans d'étapes n'étaient pas fait entre les élus et l'institution sportive.
L'opposant Stéphane Braconnier, « Sur la délibération 45, la situation des clubs sportifs montre que c'est un incident financier majeur. Il est regrettable de découvrir la situation à postériori. Rien n'a été fait ! »
Le sang d'Alain Claeys ne fit qu'un tour, « Au 31 mars 2009, le commissaire aux comptes dit que la situation est positive. L'audit dit que la réalité comptable n'a pas été transmise. La ville a été trompé ! » Depuis, le président député-maire a installé le service des sports à proximité de son cabinet dans une aile de l'hôtel de ville.
Stéphane Braconnier, « Il faut un nouveau partenariat en rapport avec un volant de subvention. Il faut une commission pluraliste pour poser les bonnes questions au bon moment. Il n'y a pas eu d'institutionnalisation, mais plutôt des commissions participatives. »
Alain Claeys, « Il n'y a pas besoin de commissions ad hoc ! »
Stéphane Braconnier, « Ce n'est pas un problème politique ! Vous m'avez interrompu ! »
Alain Claeys, « Depuis que je suis arrivé, j'ai dû traiter des dossiers de masse salariale. [...] En ce qui concerne les sponsors, il a été décidé, sur proposition d'Aurélien Tricot, que les clubs seront audités en toute transparence. Je ne veux pas jeter l'opprobre sur les clubs ! 90% d'entre eux fonctionnent bien ! Quant aux problèmes de financements liés à un manque de sponsors, la crise n'y est pas pour rien. Le stade Poitevin-Rugby est un club crée en 1900. [...] L'accès à cet audit sera possible. Le sport de haut et bas niveau ne doit pas subir de dérives financières. Je suis choqué par l'inflation des masses salariales des clubs sportifs. Un cabinet indépendant auditera les clubs... »

Marché de Notre-Dame à Poitiers, décembre 2008
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Stéphane Braconnier, « C'est un problème de responsabilité que la certification des comptes. Quant à la question politique de l'accompagnement, l'audit est forcément à postériori. Un accompagnement en amont serait préférable. »
Alain Claeys campa sur ses positions et coupa sèchement en criant, « Je crois que la méthode sera efficace ! »
Robert Rochaud, « Après ces manquements, la ville devra financer des dépenses supplémentaires, comme le Volley-ball. La collectivité peut constater que les commissaires aux comptes ne font pas leur travail ! »
Aurélien Tricot, l'adjoint aux sports, sortit de sa réserve et déversa sa passion, « 99 % des associations sont très bien gérées ! Il y a un bon accueil. Il ne faut pas jeter l'opprobre sur tout le monde ! Je suis heureux du satisfecit de Stéphane Braconnier sur les conventions. Le système actuel est plus cohérent. C'est plus de transparence, de clarté. Le principe de libre association est un principe fondateur... » Le conseiller s'enlisa, dépassé...
Alain Claeys, voyant le mauvais tour prendre forme, s'adressant à la virulence de son opposant Stéphane Braconnier, « Calmez-vous ! J'ai demandé que les adjoints n'y siègent pas. Il ne faut pas mettre les clubs sous tutelle. On n'a pas à s'immiscer : on serait dans l'illégalité ! »
Aurélien Tricot reprit, « Les conventions subséquentes sont jointes. La contrepartie fondamentale est la formation des jeunes... »
Stéphane Braconnier parla par cris périodiques, « On a ni tutelle, ni audit à postériori ; mais un nouveau partenariat sur les programmes de rénovation des équipements sportifs. Il faudra y associer les clubs. [...] À la piscine de la Ganterie, vous n'avez pas dû y aller ! »
Alain Claeys, regardant son adjoint aux sports maudire les invectives, « Je crois que tu as suffisamment d'arguments pour t'exprimer calmement... »
Stéphane Braconnier, faisant fi de l'arbitrage du maire, « On va faire un tunnel pour éviter le froid extérieur : les baigneurs sont accueillis dans des conditions inacceptables ! Nous demandons la fermeture de la piscine de la Ganterie pendant les travaux. Le problème est de savoir si l'accueil est à faire dans ces conditions... »
Alain Claeys, magnanime, « Vous permettez à Aurélien Tricot de développer sa pensée ? »
Aurélien Tricot provoqua le souvenir universitaire de ses jeunes années, balbutiant d'une voix forte, « Merci monsieur le professeur ! [...] Nous faisons un travail de concertation au jour le jour, avec le président de la CAP. Je crois que les uns et les autres savent où nous allons. Concernant la Ganterie, il y a eu deux réunions, afin que les nageurs puissent trouver une solution. [...] On laissera ouvert les 50 mètres et on a décidé la constructions d'un tunnel rejoignant les vestiaires. [...] [Le conseiller s'emporta... NDR] Comme vous êtes dans l'opposition pour longtemps et qu'il n'y a que les imbéciles qui ne font rien, [...] [...puis retrouva ses esprits, NDR] La Ganterie sera fermée durant le froid hivernal. Si vous voulez fermer les piscines [...] c'est grave, car c'est obligatoire en écoles maternelles et écoles primaires. [...] On essaie de trouver toutes les solutions ! »
Alain Claeys repêcha son conseiller en pleine déroute, « Citez-moi un club qui utilise la piscine et qui puisse dire qu'il n'y a pas eu de concertation ! Restez calme, monsieur Braconnier, çà c'est le débat démocratique ! »

Hôtel de Ville de Poitiers, décembre 2009.
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Stéphane Braconnier, courroucé, « Je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas eu de concertation. Mais il y a des parents d'élèves qui ont peur pour leurs enfants : ils ont été obligé d'aller se baigner en novembre ! Ne me faites pas dire ce que je n'ai jamais dit ! Pour répondre à votre question, vous validez la pertinence de mes propos ! Vous caricaturez : cette question vous gène ! »
Alain Claeys, pugnace, « Rien ne me gène ! Je n'aime pas qu'un de mes adjoints soit mis en cause injustement. » Puis, concernant l'audit, il se fit ironique, « Tu as le feu vert de l'opposition ! [...] Lors des commissions participatives, quel club aurions-nous pu oublier ? Aucun ! » Enfin, le maire montra son dévouement, « J'ai entendu les critiques. Des retraités m'ont dit avoir l'habitude d'aller à la piscine et d'être contraint d'aller à la pépinière ; ce qui n'est pas simple. Mais ils ont compris. Pour ce qui est de l'incident du gamin qui a fait 30 mètres à l'extérieur, [...] j'ai gueulé dans mon bureau ! J'ai été informé la semaine dernière, [...] ça s'est entendu au dehors, [...] ça a été réglé. »
Après avoir été tancé par le président député-maire, Stéphane Braconnier déclama, « Quand ça vous arrange, c'est de la polémique ! »
Maryse Desbourdes ajouta, « La politique des clubs professionnels pose toujours des problèmes ! C'est pas la crise pour tout le monde. [...] Les clubs ne travaillent pas pour le sport pour tous. Ces clubs professionnels font de la cavalerie ! Vous pouvez l'écrire ! [Rires et effusions traversèrent l'assemblée... NDR] Qu'est-ce qu'on en a à faire des performances ! [...] Les clubs quand ils font des profits, ils ne redonnent jamais à la collectivité ! »
Trop c'est trop ! Aurélien Tricot, n'en pouvant plus, « Le clubs c'est qui ? Il y en a deux ! Personne ne roule en Ferrari ou en Porsche. Le travail en insertion, la politique sociale, c'est un travail remarquable ! Il ne faut pas coller l'image de club professionnel, généraliste. C'est de l'argent qui va à Poitiers. Ils font des efforts dans l'intégration. L'argent est consommé ici ! Le ratio est bon. Socialiste que je suis et que je resterai jusqu'à ma mort : ce n'est pas de l'argent jeté par les fenêtres ! »
Alain Claeys, le regard droit devant ses opposants, « Je ne vous demande pas de partager mes opinions. [Les clubs] ont un rôle d'insertion pour les jeunes dans la ville ! » Le maire de Poitiers demanda que l'opposition qui vote pour le sport, vote aussi la dépense budgétaire ; ce qui eut le don de faire hurler l'UMP et de faire ricaner la majorité. Et Alain Claeys d'en rajouter, « Vous n'avez pas besoin de répondre à toutes les provocations ! »

Hôtel de Ville de Poitiers, décembre 2009.
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Après être sorti du tunnel, le conseil municipal de Poitiers aborda les accidents de la vie, et les demandes de remises de dettes qui croissent tant. Alain Claeys, « La 35, Laurence ! »
Sa conseillère présenta les tarifications en garderie, puis voyant le maire tout occuper à une aparté improvisée, lança complice, « Non, il s'en fout ! »
Alain Claeys fit mine de suivre et, souriant, la chose étant entendue, « Tout à fait, [c'est bien une préoccupation de la ville]. [...] C'est un travail un peu compliqué. Je ne considère pas le débat fermé. Je souhaite la poursuite du débat. »
L'opposante Françoise Colleau, conseillère Modem, toujours conciliante, « Je remercie pour la participation à cette concertation. Nous regrettons que notre recommandation tarifaire n'ait pas été reçu, malgré l'attente du logiciel. »
Alain Claeys, au four et au moulin, « Je souhaite que tout soit mis en place à la rentrée. » La conseillère UMP Isabelle Chedaneau fit savoir que cela jouait dans l'accueil des parents.
Le conseiller au sport, Aurélien Tricot, quitta le conseil à 20h28 pour rejoindre la déroute de l'association du Rugby poitevin, porter la bonne parole et le conditionné secours municipal. Le feu du débat est contenu, le maire « veille au grain »...
Maryse Desbourdes persifla, « Si j'ai bien entendu, c'est le logiciel qui fait les tarifs ?!? » Un ange passa... L'opposante « gauche alternative » continua sur la restauration scolaire, « Il faut pénaliser personne en prenant sur le budget global. Les parents sont pénalisés par le désengagement de l'État. Une politique de gauche est un choix pour le plus grand nombre quand la classe moyenne se précarise ! »
Alain Claeys qui n'avait pas vu le coup venir, botta en touche, « Assurer un repas équilibré est une politique de gauche ! »
Le conseiller communiste Patrick Coronas usa de pondération, « Il faut trouver un équilibre entre les usagers et les poitevins. Dans tous les cas, ils paieront pour un repas de qualité. Cette nouvelle tarification correspondra à une augmentation pour certains. Au final, on a une baisse des tarifs pour la plupart. En commission, on vise l'équilibre entre l'usager et le contribuable. »
Alain Claeys, « Politiquement, ce qui est grave, c'est que la classe moyenne se précarise. La question de la solidarité devra être discutée »

Arrière de l'Hôtel de Ville de Poitiers, décembre 2009.
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Le maire de Poitiers prend la mesure du déclassement social. La flambée d'une injuste fiscalité locale y est sous-tendue... L'adjoint au trésor municipal Francis Chalard devra faire de nouveaux miracles... La fontaine de justice, miraculeuse, attend.
[Suite et fin de la séance publique du conseil municipal de Poitiers du 14 décembre 2009 : Poitiers choisit les régressifs de Total pour Toumaï]
Trombinoscope de la municipalité de Poitiers (2014-...) [pdf]
Trombinoscope de la Communauté d'Agglomération de Poitiers (2014-...) [externe]
Trombinoscope de la municipalité de Poitiers (2008-2014) [pdf]
Trombinoscope de la Communauté d'Agglomération de Poitiers (2008-2014) [pdf]
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