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9ème Chronique

Robert Rochaud, bocage d'un naturel

Kritix, le Tuesday 25 February 2014 - 2946 consultations - Commenter la chronique

Maire de Poitiers – cité-capitale au piteux 22 % de pauvreté – Alain Claeys en National, prend la 18ème place du palmarès des cumulards de la République sur 1573 élus selon un classement de l’hebdomadaire l'Express (10/09/2013); hebdomadaire fidèle aux préceptes de Pierre Mendès France. Admirez la performance pour celui qui succéda au collier de celui qui se considérait sur la fin, maire à plein temps... Tout comme Les Échos de ses pas...

Jean-Marc Ayrault, payeur de Notre-Dame-des-Landes... Que celui qui n'a jamais pollué lui fasse hommage-lige. Le président Hollande voulut un social-démocrate, tel que lui. La présidence Hollande courait les germanophones, tel que l'obtus maire de Nantes. À défaut de malédiction, une ville doit répondre de ses nuisances intra-muros. Vinci n'y fera rien : Léonard n'était pas à l'Usure. Coucou de premier vol, l'étalement urbain absolutiste est du ressort des villes esclavagistes, complaisamment nidifiées. Sur ce pari, le match sensible devrait produire quelque effet... depuis le parjure de Florange. Le gouvernement d'une Nation républicaine ne saurait souffrir, ni servir l'accomplissement d'intérêts particuliers de première proximité du rang. Si corruptibles en col blanc restent au tarmac, c'est bien que seul de croissance entre-soi, gouverne ; la France n'est pas une baronnie ! Ayrault de l'infortune, bien volontairement, l'absolutisme social-démocrate s'incarne à vif sur l'autel de Notre-Dame-des-Landes. Notre-Dame-des-Landes, retenez-nous, priez pour lui ! Que le salut outre-Rhin n'obère pas notre bonne France ; De mansuétude à l'endroit des collaborations suivistes, Usez du seul pollueur-payeur versus synarchique engeance ; Notre-Dame-des-Landes libérez-nous du cas fortuit ! Parue une première fois le 16 décembre 2012.
© kritix.com

Le pouvoir transforme et use. Peut-être trop... celui qui en est avide. Le 10 février 2014, en séance publique de la communauté d'agglomération de Poitiers, monsieur l'ubiquiste président-député-maire Alain Claeys, membre de la commission des finances et autres fonctions de concentration des pouvoirs au palais Bourbon, gestionnaire pragmatique par dépit jésuitique, formula une peur d'apparatchik : « Les assemblées seront plus politisées. On a été capable, au-delà de nos convictions personnelles, de travailler dans un esprit communautaire […] Il y a un risque de mauvaise politisation. C'est là qu'il faudra trouver ensemble le chemin. » Le manichéisme bipartisan tourne les têtes des conservateurs. Annihiler le débat contradictoire n'a jamais été source de progrès républicain. La Der des Ders se rappela aux financements croisés d'une compétence générale détournée à jamais. Les éléments de langage n'y feront rien, ni ne plaideront l'intérêt général.

À l'énergie et aux transports !

Ce n'est qu'un au-revoir... Et déjà pour maintenant, c'est aux véritables forces de progrès que le poitevin au feutre noir égrène le beau parcours : ensemencements énergiques d'une verte campagne, transport du droit des femmes. Robert Rochaud est une assise de l'écologie poitevine ; intègre, à la proue du renouvellement politique. Sa relation au pouvoir est réussie en ce qu'il sait le tenir pour ce qu'il doit rester : l'outil inaliénable de la souveraineté populaire. Quand il se voit en proie aux corruptions, il choisit sa liberté de conscience et vote le compromis tant qu'il n'est pas à l'irréversible affront démocratique. Sa pédagogie, en séance publique, sur les sujets sensibles reste le marqueur du juste apport. Échelles et mesures quantifient la réaction d'un homme de conviction, libre et étranger au machisme ambiant. Son courage, sa tolérance se mesure à l'aune des railleries des ères Santrot parce qu'il savait ; et Claeys parce qu'il voulait, sous lesquelles l'écologie fut de combat. Homme d'honneur, digne, il choisit toujours le bon sens des contextualisations humaines. Et quand il faut décider, il ne renonce pas aux idéaux de ses débuts. De sa voix au timbre paisible, il accède perpétuellement à cette colère rentrée du sage des transitions.

Les édiles EELV Robert Rochaud (au premier plan) et Christiane Fraysse aux Salons de Blossac le 10 janvier 2014. Lancement des municipales de Poitiers pour la gauche alternative.
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À tous ceux qui doutaient de la crédibilité du politique, voilà qui donne quelque verdeur aux humanités tristement vouées à la jachère. Chômage coupable, tout comme l'import de lait en République française de 2014, après avoir détruit la production des laits en proximité par directives social-libérales et européennes interposées. L'actuel ministre de l'agriculture social libéral Stéphane Le foll ne déroge pas à la logique de faillite des campagnes françaises. De ces pompes funèbres, il n'y a plus rien à attendre. Le rapport de l'Homme à l'environnement doit être politique depuis les communes jusqu'à l’État et ce, en dehors de l'impasse coupable des logiques suivistes du bipartisme français.

Sagesse populaire de tolérance républicaine

Le vice-président Robert Rochaud marqua par son exemple ce que révolution culturelle veut dire : « Produire du froid dégage de la chaleur. Lors de la réhabilitation de la patinoire, nous avons innové en installant un système qui utilise la chaleur générée par le fonctionnement de la patinoire pour chauffer l'eau des bassins de la piscine. Le système donne satisfaction puisque ce sont environ 3000 kwh qui sont ainsi récupérés chaque jour. Sur la base de 10 mois de fonctionnement de la patinoire, les économies d'énergie consécutives à cette opération correspondent à la consommation électrique annuelle d'un peu plus de 400 familles. »

Piteuse roideur que celle qui crut corrompre le flegmatique élu Rochaud

Monsieur le Président-député-maire de Poitiers en décembre 2013.
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Sous Jacques Santrot, qui voulait ne plus être cumulard pour que son directeur de cabinet le devienne sans que cela lui suffise, l'écologie était une curiosité dont la majorité ne lui accordait pas grand sérieux. Combien de fois, les interventions souvent constructives étaient classées sans suite publiquement, lors des sorties tonitruantes de Jacques Santrot qui s'acharnait sur une certaine Jacqueline Daigre, coutumière du fait bourru. L'influence était disons symbolique, quoique douchée : on pouvait désormais venir à la mairie en vélo. Sous Alain Claeys, l'ère jésuitique joua la sophistication en donnant à l'écologie poitevine une place réelle, mais sous très haute surveillance : l'élue écologiste Chritiane Fraysse aura dû se heurter souvent aux fins de non-recevoir du cabinet noir de la « passe d'Armes ».

Édile libre et besogneux, Robert Rochaud servit la cause écologiste à Poitiers pour la rendre aujourd'hui désormais incontournable. En ligne avec lui-même il ne dépassa jamais son cadre. À chacune des séances publiques, il fit savoir sa différence, sensibilité loyale avec ses engagements, mais expressément cantonnées aux limites de l'acceptable. Avec ses rugosités, il est de ces êtres insaisissables, si loin des vanités environnantes, si proche d'une République apaisée. Un élu républicain tout simplement. Robert Rochaud ému, digne, prononça son au-revoir avec ses vérités :

« Monsieur le président, mesdames et messieurs, mes chers collègues. Permettez moi d'ajouter quelques réflexions puisque ce conseil communautaire sera mon dernier. Pendant ces 19 dernières années, nous avons eu de nombreux débats. Nous avons eu à prendre des décisions qui ont un impact direct sur la vie de nos concitoyens. L'immense majorité de ces décisions est prise à l'unanimité. Certaines ont donné lieu à des débats et à des choix que je n'ai pas partagé. Je devrais en réalité dire vous, puisque l'ensemble des élus écologistes a fait le même vote concernant : les subventions attribuées à Raynair, les financements des LGV, la construction du viaduc, ou encore le choix d'engager la communauté pour 25 ans sur un loyer annuel de 800 000 euros pour l'extension des halles du parc des expositions. Dans ces débats, nous avons toujours été force de proposition. Nous n'avons sans doute pas été assez convaincants, puisque une majorité d'entre-vous, ne nous a pas suivi. »

L'édile EELV Robert Rochaud aux Salons de Blossac le 10 janvier 2014. Lancement des municipales de Poitiers pour la gauche alternative.
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« Je voudrais cependant revenir sur quelques points, dont le prochain Conseil se saisira j'en suis certain. Le premier est celui des compétences de l'intercommunalité. [...] Nous les avons trop peu étendues à mon sens. Une étude sur l'évolution des compétences des communautés montre que depuis 2001, toutes ces dernières ont connu une extension importante. Au-delà du développement économique et de l'aménagement de l'espace qui sont des compétences obligatoires, ce sont la gestion des services environnementaux -les déchets notamment- ainsi que le logement qui sont les plus exercés.C'est le cas aussi chez nous. Viennent ensuite dans l'ordre : l'action sociale, le tourisme, l'assainissement et la voirie. Si l'on compare notre communauté à cette étude, on voit tout de suite que Grand Poitiers est en retard sur la prise en compte de l'action sociale et de la voirie. Si Grand Poitiers est en phase avec la loi avec 27 % de logements sociaux, c'est parce que le taux de logement social sur Poitiers est de 30 %. En plus des charges de centralité que la ville supporte, elle supporte aussi de ce fait un fort taux de familles à faibles ressources. Un foyer poitevin sur deux n'est pas imposable ! Si l'attractivité est l'un des axes de développement de notre collectivité, il faudra aussi ne pas oublier la solidarité. Et elle passe par l'extension des compétences communautaires à l'action sociale. De même, se reposera la question des grands équipements culturels, tel que le théâtre auditorium de Poitiers, la médiathèque... »

« Le deuxième point sur lequel je souhaite intervenir, est celui de la dimension spatiale de notre communauté et de la problématique de déplacement. Nous avons récemment accueilli Ligugé et nous nous en sommes félicité. Cependant là encore, nous ne sommes pas allés assez loin. Comparaison n'est pas raison. Certes, mais la communauté d'agglomération de Niort qui comptait déjà 29 communes, s'est étendue à 21 communes supplémentaires. De même, la communauté d'agglomération de La Rochelle, est passée de 18 à 28 communes. Ainsi, ces deux communautés se sont rapprochées dans leur bassin de vie. Ce qui leur permet d'intervenir plus efficacement sur les conditions de vie des habitants. En particulier sur la problématique du déplacement. Je rappelle que une voiture sur deux qui arrive chaque matin sur les rocades de Poitiers, provient d'un territoire en dehors de Grand Poitiers. Pour diminuer cette circulation automobile et les émissions de gaz à effets de serre qui l’entraîne, il faut pouvoir organiser des déplacements. Il y a des transports alternatifs à l'échelle de ces territoires. L'extension de la communauté en constitue un moyen qui peut être plus efficace que la constitution d'un syndicat mixte à l'échelle du SCOT ou du département. »

L'édile EELV Robert Rochaud aux Salons de Blossac le 10 janvier 2014. Lancement des municipales de Poitiers pour la gauche alternative.
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« Le troisième et dernier point concerne le schéma de cohérence territoriale. Pour avoir participé activement aux travaux en cours, j'ai pu mesurer la crainte des territoires ruraux devant leur développement freiné par le SCOT et tout particulièrement ceux qui ne sont pas le long des corridors de transports collectifs. Si on veut comprendre cette crainte, dans la mesure ou la principale façon de se développer depuis plusieurs dizaines d'années pour ces communes, consiste à construire des lotissements. Lotissements qui contribuent à la disparition de surfaces agricoles et qui sont impossibles à desservir en transports en communs, faute d'une densité suffisante. On ne peut pour autant vider le SCOT des objectifs fixés par la loi. La loi sur la transition énergétique en préparation constitue une véritable opportunité pour lever cette contradiction. Les collectivités locales vont jouer un rôle important dans la maîtrise de la consommation et de la production d'énergie. La ville en consomme beaucoup. Les gisements de production avec le développement des énergies renouvelables sont plutôt du côté de la ruralité. L'implantation d'éoliennes ou de centrales photovoltaïques sont créatrices d'activités ou de richesses dans les lieux d'implantations. Il y a donc une nouvelle complémentarité à inventer entre les communes rurales qui deviendraient productrices d'une énergie renouvelable consommée dans les zones urbaines à proximité. »

C'est ainsi que l'élu poitevin Robert Rochaud quitta la Représentation locale. En homme libre, moderne, il témoigne de son parcours écologiste. Lui qui avala les couleuvres, au son du pragmatisme des langues de bois sociales libérales claquemurées par la discipline majoritaire. Chemin faisant, le discrédit de la classe politique n'est plus que l'ombre de lui-même, si loin d'une République regardant ailleurs.

La compromission portée dépêche ses réseaux, dernier sursaut, recours d'un naufrage. Murs endormis trompés, la mémoire des faits incarne l'idéologie en mouvement.
      


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